Observatoire de l'Enfance, de la Jeunesse et de l'Aide à la Jeunesse

L'information des jeunes en Fédération Wallonie-Bruxelles

CONTEXTE

Dans le monde complexe dans lequel nous vivons, la maîtrise de l'information est plus que jamais une des clés essentielles de l'intégration et de la participation à la vie en société. C’est dans cette perspective que les pouvoirs publics européens développent depuis plusieurs dizaines d’années une politique d’information de la jeunesse à visée émancipatrice. En Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB), cette politique s’appuie principalement sur le subventionnement de centres ou de services d’information à destination des jeunes.

Or, dans une société où les acteurs de l'information et les modes d'accès à l'information se sont multipliés et diversifiés, le rôle et la place des politiques publiques en matière d'information des jeunes doivent sans doute être questionnés en profondeur.

Une récente consultation menée au Royaume-Uni sur le soutien et la stimulation à apporter aux adolescents en vue d'améliorer les opportunités de tous les jeunes, y compris des plus désavantagés, épinglait deux constats majeurs :

  • Les jeunes ont besoin d'une meilleure information, de meilleurs conseils et d'une meilleure guidance sur les questions qui comptent pour eux, fournis de la manière dont ils souhaitent la recevoir ;   
  • Les jeunes devraient avoir plus de choix et d'influence sur les services et les prestations qui leur sont accessibles.

OBJECTIFS

Dans ce contexte, l’Observatoire de l’Enfance, de la Jeunesse et de l’Aide à la jeunesse, en étroite collaboration avec l’Observatoire des Politiques Culturelles (OPC) et la Commission consultative des Centres et Maisons de Jeunes (CCMCJ), a souhaité dresser un état des lieux de la politique publique d’information de la jeunesse en FWB, quant à son organisation, à ses missions et à ses modalités.

L’état des lieux a été organisé autour de quelques questions principales :

  • Quelle est la place des centres ou services d’information jeunesse dans une politique d’information des jeunes en FWB ?
  • Quelles sont les missions des centres ou services d’information et comment évoluent-elles face aux nouvelles pratiques informationnelles des jeunes ? Comment et à quelles conditions ces services contribuent-ils à la formation de citoyens actifs, critiques, responsables et solidaires (CRACS) ?
  • Quelles questions et défis la diffusion des nouvelles technologies de l’information et de la communication a-t-elle fait naître dans l’orientation de la politique d’information jeunesse ?
  • Quels pourraient être les objectifs et les modalités d’un portail web unique d’information des jeunes ?
  • Comment une enquête auprès des jeunes pourrait-elle éclairer l’élaboration de politiques publiques en matière d’information ?

ASPECTS MÉTHODOLOGIQUES

L’état des lieux produit par l’Institut des Sciences humaines et sociales de l’ULg a été construit en combinant trois approches :

  1. L’analyse comparative des politiques d’information des jeunes au sein des pays du Conseil de l’Europe, sur base des canevas standardisés disponibles sur le portail européen des connaissances sur les politiques de jeunesse (Youth Partnership European Union-Council of Europe) ;
  2. Une analyse réflexive au travers d’entretiens semi-directifs de personnes ressources en matière de politique d’information jeunesse qui, en fonction de leur expertise et/ou de leur position, étaient susceptibles de poser un diagnostic sur les priorités en matière de politique d'information des jeunes ;
  3. Une analyse de la littérature scientifique de référence dans ce domaine.

À TÉLÉCHARGER

Le rapport complet de la recherche est disponible en téléchargement : "Comment redéployer l'information des jeunes en Fédération Wallonie-Bruxelles ?"

Un bref résumé (3 pages) des idées centrales qui en émergent est également disponible : Executive summary

SUITES DE LA RECHERCHE

La recherche pose différents constats quant à l'information jeunesse auxquels des suites utiles pourraient être apportées. L'OEJAJ a donc formulé une série de recommandations au regard des pistes proposées par la recherche. Une note de travail reprenant ces propositions à l'attention de tout intervenant qui souhaiterait s'en saisir est téléchargeable ici : Synthèse et propositions de suites à donner.

Les premières recommandations, que l’on peut identifier comme des propositions « minimales » consistent en la diffusion de cette recherche et en l’invitation à en discuter adressée à tout acteur intéressé, selon les modalités qui lui conviennent. Dans cette optique, la recherche a été présentée auprès des acteurs des centres et services d'information jeunesse le 21 décembre 2011, afin d’entendre leurs commentaires et de réfléchir aux éventuelles suites à donner ensemble à la recherche. Les dias de cette présentation sont également disponibles ici en téléchargement.

D’autres recommandations « minimales » ont été formulées :

  • Mieux référencer les sites des Centres et service d’information jeunesse (CIJ) depuis les sites de la FWB afin de participer à l’amélioration de leur visibilité ;
  • Encourager le COIJ à poursuivre son travail de définition des priorités pour le secteur (Cohésion/Dynamique du secteur ; Informations, Nouvelles Technologies et Médias ; Production/Diffusion ; Formation de CRACS). Ces priorités rejoignent les grands constats majeurs mis en lumière par la recherche.

En parallèle à cette recherche, l’idée d’un colloque ou d’un séminaire sur l’information jeunesse a plusieurs fois été évoquée. Si celui-ci était effectivement mis sur pied, nous formulerions alors les propositions suivantes :

  • Aborder dans ce cadre trois enjeux majeurs mis en lumière par l’étude : la question de la visibilité des CIJ, les coopérations externes pouvant être mises en place par le secteur de l’information jeunesse et les collaborations internes entre CIJ. Ces constats apparaissent par ailleurs être inter-reliés ;
  • S’intéresser à la question des inégalités face à l’information : lutte contre la fracture numérique, inclusion des jeunes exclus des circuits informationnels traditionnels, etc. ;
  • Associer à cet événement des acteurs d’autres secteurs étant également amenés à fournir de l’information aux jeunes et avec lesquels des partenariats sont envisageables : OJ, MJ, secteur de la santé, acteurs de l’enseignement, agents culturels, aide à la jeunesse,… 

Pour donner des suites plus approfondies à la recherche, nous proposons également d’autres pistes qui permettraient d’aider et d’accompagner le secteur de l’information jeunesse dans un travail de réflexion sur ses pratiques :

  •  Identifier les données disponibles au sein des CIJ quant à leur public et aux demandes (récurrentes et marginales) formulées, envisager le recueil systématique et la centralisation des ces informations, ainsi que leur traitement afin de pouvoir mieux cibler le public fréquentant les CIJ et les besoins des jeunes en termes d’information ;
  • Investiguer davantage les critiques formulées par les acteurs du secteur à l’encontre du Décret du 20 juillet 2000 relatifs aux centres de jeunes ;
  • Recenser les outils existant au niveau européen en matière de participation des jeunes à la production de l’information ;
  • Initier et soutenir les échanges de bonnes pratiques entre CIJ en matière de communication adaptée aux jeunes ;

Enfin, l’OEJAJ a formulé des recommandations plus volontaristes qui demanderaient de mobiliser différents intervenants afin de pouvoir être mises en œuvre :

  • Mettre sur pied, à titre de projet pilote, un portail jeunesse en FWB qui permettrait d’orienter les jeunes vers les interlocuteurs adéquats. Si ce projet rencontre un succès suffisant, le portail pourrait se voir attribuer d’autres fonctions ;
  • Repenser la formation des informateurs dans un cadre commun aux différents CIJ ;
  • Organiser le traitement des demandes marginales adressées aux CIJ dans une perspective de veille sociétale vis-à-vis des attentes et des besoins des jeunes ;
  • Davantage approfondir la question des besoins informationnels des jeunes : quant à l’existence et l’identification d’un « noyau dur » d’informations nécessaires à tout jeune et aux modalités de livraison adaptées aux besoins des jeunes, au moment adéquat et sous la forme souhaitée ;
  • Évaluer la qualité de l’information jeunesse en FWB.

 

PRÉSENTATION DE LA RECHERCHE ET DES RECOMMANDATIONS