Observatoire de l'Enfance, de la Jeunesse et de l'Aide à la Jeunesse

 

« Notre objectif devrait être d’instaurer une culture plus réceptive et plus respectueuse des opinions des enfants. Malheureusement, beaucoup d'adultes semblent voir dans cette idée une menace. La question de l'influence des enfants est perçue comme un « jeu à somme nulle », c'est-à-dire une situation dans laquelle une partie ne gagne que si l'autre perd. En d'autres termes, pour les adultes, si les enfants obtiennent plus de pouvoir, les adultes perdront une partie du leur ; ils auront moins de contrôle sur leurs enfants ou ne pourront plus maintenir la discipline dans les classes. ». Thomas Hammarberg, Commissaire aux droits de l’homme, Conseil de l’Europe, 20 novembre 2007

Depuis plus de 20 ans, les plus prestigieuses instances internationales (ONU, Conseil de l’Europe, Unicef) s’emploient à légitimer et à promouvoir la participation des enfants et des jeunes et le respect de leurs opinions non seulement comme un droit mais comme un principe fondamental de notre conception de l’enfance.

Sous de tels auspices, avec de tels parrainages, il est difficile de considérer que la participation des enfants et des jeunes est une question secondaire, un luxe facultatif, un principe éducatif que l’on appliquerait en des temps favorables ou que l’on réserverait à des circonstances ou des endroits propices. Au contraire : les discours officiels des plus hautes instances politiques et morales sont on ne peut plus clairs et impératifs : la participation des enfants et des jeunes n’est pas une option, c’est un droit fondamental. En d’autres termes : la participation des enfants et des jeunes est bel et bien un principe consacré.

Devant l’autorité incontestable de ce principe consacré, on ne peut alors que s’interroger sur les atouts et les limites d’une telle situation afin de comprendre quelles perspectives s’ouvrent à nous. En d’autres termes, puisque la participation des enfants et des jeunes est un droit reconnu qui n’est plus contesté, comment organiser sa réalisation effective ? Et qu’est-ce qui y fait obstacle ?

Il y a deux réponses à cela : une réponse longue et une réponse courte. La réponse courte est que nous ne sommes pas aujourd’hui suffisamment engagés dans une culture de la participation. Pour la réponse longue nous vous invitons à suivre pas à pas comment le droit à la participation constitue un axe structurant des initiatives prises par l’Observatoire de l’enfance, de la jeunesse et de l’aide à la jeunesse depuis une dizaine d’années, et ainsi d’illustrer le chemin qu’il reste à parcourir pour faire du droit à la participation des enfants et des jeunes une réalité effective.

La participation des enfants et des jeunes aux décisions qui les concernent - qu’il s’agisse de situations individuelles ou collectives - est un droit qui leur est garanti par la Convention internationale des droits de l’enfant (article 12 particulièrement). Comment ce droit est-il traduit dans les législations de la Communauté française ? Quelle expérience concrète les enfants et les jeunes ont-ils de l’exercice de ce droit ?

L’Observatoire de l’Enfance et de la Jeunesse s'est employé à rendre compte de l'application concrète du droit des enfants et des jeunes à prendre part aux décisions - individuelles ou collectives - qui les concernent :