Observatoire de l'Enfance, de la Jeunesse et de l'Aide à la Jeunesse

Le chiffre clé

Les droits des enfants sont-ils solubles dans la migration ?

L’accès aux droits fondamentaux pour les enfants migrants reste un défi que les autorités belges, tous niveaux de pouvoir confondus, doivent relever en adoptant une approche transversale et intégrée. 

L’Observatoire organise chaque année une formation à l’attention des membres du Groupe permanent de suivi de la Convention internationale relative aux droits de l’enfant (GP CIDE) en vue de renforcer la culture des droits de l’enfant dans le paysage institutionnel belge francophone. Au vu de la crise migratoire qu’a connu l’Europe en 2015, tous les membres des deux GP CIDE (FWB et RW) ont été invités à penser les potentielles synergies et transversalités qu’il conviendrait de renforcer en vue de trouver une solution durable pour ces enfants. 

C’est dans ce cadre que le plan MENA, adopté par le Gouvernement de la FWB en 2015, fut présenté. Ce plan prévoit la création de 40 prises en charge en familles d’accueil pour MENA en partenariat avec Mentor-Escale et Famille sur Mesure. Il implique en outre l’augmentation du dispositif d’accompagnement des mises en autonomie des MENA (10 prises en charge supplémentaires), le renforcement des services AMO situés à Bruxelles dans leur mission d’accompagnement socio-éducatif et la constitution d’une cellule MENA pérenne au niveau de l’AGAJ chargée de le coordonner. Il s’accompagne également de la signature, le 16 février 2016, d’une convention entre l’aide à la jeunesse et Fédasil en vue de la mise à disposition de 130 places d’accueil collectif pour des MENA à partir d’opérateurs agréés par l’aide à la jeunesse. 

À l’issue d’une visite au petit château et d’un atelier de réflexion, les membres du GP CIDE ont pu élaborer quelques pistes de solution en vue d’œuvrer à une meilleure réalisation des droits des enfants migrants. Ainsi, des leviers d’action ont été identifiés, tant dans le champ de compétences de la FWB que dans celui de la RW. Les participant-e-s ont attiré l’attention sur la nécessité de prévoir des lieux de récolte de la parole de l’enfant et de garantir un accès aux loisirs via des dispositifs spécifiques ou des appels à projets. Ils ont également souligné la nécessaire implication des communes via les plans de cohésion sociale. Le rôle fondamental de l’enseignement a été mis en exergue et illustré via le travail des DASPA. La formation des professionnel-le-s a été mise en avant, à commencer par celle des tuteurs et tutrices MENA (au niveau fédéral) et des enseignant-e-s (au niveau communautaire). En effet, il apparait opportun que la formation initiale et continuée des enseignant-e-s soit adaptée à un contexte de mixité sociale et qu’elle permette à ces derniers de mieux appréhender les problématiques liées à la migration. Les acteurs de la cohésion sociale ont, quant à eux, soulevé la responsabilité des CPAS, des agences immobilières locales ou encore les collaborations qui pouvaient être tissées entre les AMO, les OJ et les CJ. La question des allocations familiales a aussi été prise en considération pour permettre aux familles vulnérables de vivre dans des conditions décentes et conformes à la dignité humaine. 

En conclusion, chaque participant-e a souligné la nécessité d’adopter une approche systémique, de mieux coopérer et de mieux coordonner nos actions. Les portes d’entrée ne manquent pas. Il revient maintenant aux différentes autorités et administrations compétentes de mutualiser leurs efforts en vue d’initier une nouvelle dynamique au service des droits des enfants migrants.

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