Observatoire de l'Enfance, de la Jeunesse et de l'Aide à la Jeunesse

Une recherche sous la loupe

Le point de vue des enfants dans les séparations parentales

La séparation parentale touche un nombre croissant de jeunes. Il s’agit d’un événement important dans leur vie. 

L’objectif de cette recherche était de considérer les enfants et les jeunes comme des experts de leur vécu afin de mieux comprendre ce qu’ils vivaient lors de la séparation de leurs parents et ce qu’ils mettaient en œuvre pour s’adapter à la situation. Nous désirions aussi qu’ils expliquent ce qui les avait aidés à s’adapter durant cette période. 

40 jeunes entre 12 et 25 ans qui ont été rencontrés pour cette étude lors d’entretiens d’une à deux heures. Leurs récits s’articulaient autour du moment de l’annonce de la séparation de leurs parents (avant, pendant, après). Le rapport laisse une très large aux témoignages des jeunes. 

Quelques résultats clé

Certains moments apparaissent comme particulièrement sensibles dans le processus de séparation comme le moment de l’annonce de la séparation. Suivie d’un départ immédiat d’un parent, elle perturbe grandement les enfants. Les mots qui sont mis sur celle-ci et l’attitude des parents l’un envers l’autre sont également des points d’attention. 

Une deuxième étape importante, le cas échéant, est celui de la recomposition familiale : son timing, l’attitude de l’autre parent par rapport à la recomposition de son ex-conjoint, l’amplitude des adaptations demandées aux enfants sont des facteurs déterminants pour le bon passage de ce cap.

En ce qui concerne les supports recherchés ou trouvés par les jeunes pendant la séparation et dans la période lui succédant, la famille élargie et les amis proches apparaissent en tête. Mais les professionnels (professeurs, psychologues, éducateurs, moniteurs, etc.) ou les activités extrascolaires sont également évoqués par les jeunes

Les chercheurs ont analysé les stratégies d’adaptation des jeunes pendant et après la séparation des parents. Généralement, plus les difficultés sont importantes, plus ils déploient de stratégies différentes. Selon les chercheurs, c’est moins la nature de la stratégie que sa finalité et son coût pour le jeune qui décident de sa valeur « adaptative».

Ainsi, une stratégie se révèle « adaptée » lorsqu’elle contribue au bien-être, au sentiment de maîtrise de soi et lorsqu’elle permet au jeune de protéger son intégrité physique et psychologique à moindre coût. On dira par contre qu’une stratégie est inadaptée lorsqu’elle gêne le développement psychologique du jeune et qu’elle altère profondément sa qualité de vie.

Au rang des stratégies adaptées, citons par exemple la capacité du jeune à préserver sa place d’enfant (par exemple, via des stratégies d’affirmation de soi), ses efforts afin de contribuer à une ambiance familiale chaleureuse ou encore la prise en charge, flexible, de certains rôles (par exemple reprendre des tâches spécifiques assumées auparavant par un des parents).Mais si ces rôles se figent et deviennent trop lourds, ils deviennent négatifs pour le jeune (par exemple s’il devient le « parent » de ses frères et sœurs ou de son parent en détresse). 

La faculté à exprimer son ressenti, et à mettre des mots sur ce qui arrive est un élément de résilience important. 

Certaines stratégies, moins souhaitables dans l’absolu, sont appropriées dans un contexte précis. Les stratégies d’évitement par exemple. Elles permettent en effet aux jeunes de se protéger momentanément (par exemple, en dissimulant leur vécu ou en fuyant, par la pensée ou en sortant avec des amis afin de s’extraire de la vie de famille lorsque le climat devient trop lourd).

Mais ces mêmes comportements d’évitement qui peuvent protéger à court terme risquent aussi de favoriser le repli sur soi à plus long terme et de couper le jeune d’éventuelles ressources environnementales.

Par ailleurs, certaines stratégies sont en soi inadaptées. Celles-ci visent souvent à protéger autrui au détriment de sa propre personne. Par exemple : détourner la violence sur soi, prendre un rôle actif dans les triangulations, dénier la réalité. In fine, ces stratégies sont négatives pour le bienêtre du jeune. Les enfants se montrent également très soucieux du bien-être de leurs parents. 

Le soutien aux parents dans ce processus de séparation, qui s’étale bien souvent dans le temps, apparaît comme un facteur essentiel pour assurer des conditions positives aux enfants. 

Pour en savoir plus : http://www.oejaj.cfwb.be/index.php?id=15537

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