Observatoire de l'Enfance, de la Jeunesse et de l'Aide à la Jeunesse

Le chiffre clé

1 %, c’est le taux de placement des enfants (0-18 ans) en Fédération Wallonie-Bruxelles.

De nombreuses études et instances internationales dénoncent le manque de données quantitatives relatives aux placements d’enfants. Cette lacune provient notamment de l’absence d’une définition consensuelle du placement. Sur base d’une analyse des textes juridiques et des documents de référence, l’Observatoire a donc proposé la définition suivante :

« Le placement est un processus de prise en charge résidentielle d’un enfant hors de son milieu de vie familial, par une institution ou par une famille d’accueil lorsque cette mesure est imposée ou autorisée par une autorité publique dans l’intérêt de l’enfant, en dernier ressort. Cette prise en charge peut être de court ou de long terme, en régime ouvert ou fermé et relever de différents secteurs : protection de l’enfance, justice, santé, handicap, aide sociale, enseignement, asile. »

Sur base de cette définition, l’Observatoire a entrepris un recensement statistique intersectoriel. Il a dénombré 10 439 enfants placés en FWB (marge d’erreur : +/- 500 enfants), soit 1,07 % des enfants. 1/3 de ces enfants sont placés en familles d’accueil, tandis que 2/3 résident en institutions.


Ce chiffre n’inclut pas les internats scolaires  alors que ceux-ci pourraient éventuellement être considérés comme des placements lorsqu’ils sont financés par l’aide à la jeunesse en tant que mesure d’aide.  En 2010, 1127 enfants étaient dans cette situation en moyenne par jour. Il s’agit d’une progression de 60% par rapport à 2005, qui serait due à la volonté des conseillers et directeurs de diversifier les prises en charge ou à un effet de compensation en lien avec la saturation des services agréés.

Les chiffres obtenus montrent que le placement n’est pas un phénomène marginal, mais qu’il faudrait au contraire le rendre davantage visible et mieux en tenir compte dans l’appréhension des modèles familiaux. Le placement est par ailleurs un enjeu intersectoriel. Il est important que chaque secteur soit conscientisé au respect des droits des enfants placés (dernier ressort, révision périodique, droit à l’information…) et à la nécessité de collaborations pour éviter les interstices institutionnels et favoriser les connexions.

Le recensement a également permis de quantifier le taux de placement des enfants de moins de 3 ans, tranche d’âge pour laquelle le placement institutionnel est souvent critiqué par les associations de promotion des droits de l’enfant. Environ 756 enfants de moins de 3 ans étaient placés en FWB en 2010, soit un taux de placement de 0,4%. Parmi ceux-ci, 313 résidaient en familles d’accueil et 443 en institutions, soit un taux de placement en institution de 0,26%.

Si l’on compare ces statistiques aux autres pays européens, la FWB se situe en milieu de classement. Or, dans ces recommandations à la Belgique en 2010, le Comité des droits de l’enfant avait pointé la FWB comme souffrant du plus haut taux de placement des enfants de moins de 3 ans en Europe. Ce constat s’appuyait sur des données récoltées par l’OMS dans le cadre du programme Daphne de l’Union européenne, que le recensement effectué par l’Observatoire vient démentir. Ces données ne peuvent dès lors plus être considérées comme des références en FWB.

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